HistoriqueLA 110ÈME AU FIL DU TEMPS…

Maintenant déjà plus de cinquante ans de scoutisme à la Paroisse de la Résurrection. Tant de rires d’enfants, tant de dimanches au grand air, tant de dévouement,… Et pourtant tant de choses ont changé : imagine-t-on une unité sans local, imagine-t-on des scouts encore équipés d’un chapeau et d’un ceinturon, imagine-t-on de n’accepter que des enfants issus de l’enseignement catholique ? Tant d’évidences aujourd’hui qui apparaissaient presque anormales il y a à peine vingt ans.Tout évolue, le monde a changé, le scoutisme aussi et nos unités n’ont pas échappé à la règle. Combien de fois n’avons nous entendu les parents évoquer – souvent avec nostalgie, parfois avec amertume – leur scoutisme à eux. Et pourtant… un louveteau qui rentre le dimanche soir avec toute la boue du bois de Dilbeek à ses basques, une guide fatiguée mais heureuse d’avoir vécu quinze jours d’intense aventure… autant de phénomènes indémodables. Au delà d’un compte-rendu exhaustif, des faits marquants de l’existence de la 110ème, notre objectif est de mettre en lumière les temps forts qui ont dessinés l’unité telle qu’elle l’est aujourd’hui.

 

LA CREATION ET LES DEBUTS

La création des unités scoute et guide est inséparable de la paroisse de la Résurrection. Aussi convient-il dès à présent de jeter un rapide coup d’œil sur celle-ci. Elle a été créée à la fin des années cinquante par l’abbé Lemercier. Son successeur, l’abbé Ruys, avait racheté un bâtiment de l’Expo 58, « L’Oberbayern », un dancing, il en fait une église paroissiale provisoire ainsi que la base d’une école. Sur le terrain il existait déjà une villa à double entrée, aux numéros 77 et 79 de la rue Paloke (actuellement la Cure). L’abbé Lemercier cède une partie des terrains et l’école à l’évêché de Malines-Bruxelles, l’école n’est plus paroissiale mais est directement rattaché à l’évêché, c’est en 1961 que l’école reçoit le nom de Saint-Martin. L’église de la Résurrection telle que nous la connaissons sera construite en 1966, il nous faut en dire ici quelques mots.

« Nous avons souhaité que l’église de la Résurrection soit, par son harmonie, sa simplicité et son dépouillement, l’expression de l’âme religieuse de notre temps et des aspirations particulière de la communauté paroissiale »

– Richard Pirlot, architecte urbaniste.

Une église caractérisée donc par un style adapté au renouveau liturgique du concile Vatican II. Des abords dégagés et verdoyants, une architecture volontairement sobre inspirée par le style de l’Expo 58 (cf. la flèche), ce choix se reflète particulièrement par un aspect remarquable : la préférence accordée au bois et au béton.

Le bois blanc des bancs, de la toiture et surtout du recouvrement intérieur de la flèche ; celle-ci, en s’ouvrant vers le ciel, donne une impression de verticalité particulièrement frappante quand le soleil est à l’ouest et qui donne cette lumière si claire à l’autel et au chœur. Le béton, matériau du vingtième siècle, est celui des objets du culte : l’autel, le tabernacle, le Christ ressuscité, les fonds baptismaux. L’église n’a subit que peu de transformations en 41 ans d’existence.

Il faut souligner le rôle de l’abbé Ruys tant dans le développement de la paroisse que dans celui des unités.

Vers 1959, l’école crée deux meutes attachées à la 99ème centralisée à l’église du Bon Pasteur (située rue du Korenbeek). Ces meutes sont réservées exclusivement aux enfants fréquentant l’école catholique ; à douze ans, les enfants doivent quitter le quartier Paloke pour aller au Bon Pasteur. Après la séparation école – paroisse, l’abbé Ruys crée deux unités ouvertes à tous les enfants, nous sommes alors en 1961.

 

LA 110eme

La 110emese compose à ses premiers jours d’une meute et d’une troupe 12-17. Le premier chef d’unité s’appelle Jo Lefebvre, il démissionnera en 1967 suite au décès de son épouse. L’unité est alors reprise en main par monsieur Roger Lobert et son épouse. La troupe, elle, est dirigée par Jean Thibeau, un ancien commandant de la marine marchande. Il faut signaler que ces deux sections existaient parallèlement aux deux meutes de la 99eme, ces derniers occupant les locaux de l’école Saint-Martin tandis que les louveteaux de la 110eme occupaient vaille que vaille un garage d’un paroissien. Cet état de fait était la conséquence d’une série de circonstances fortuites, il n’était cependant pas sans poser quelques problèmes. Ainsi par exemple les paroissiens fréquentent souvent l’église et l’école ; à douze ans, les enfants doivent rejoindre les locaux du Bon Pasteur, dans un quartier qui leur était pour la plupart inconnu. De plus, il apparaît alors clairement qu’une séparation de fait avait eu lieu entre les deux meutes sises à Paloke et le reste de l’unité à Berchem. Tant les animateurs que les enfants faisaient partie de la paroisse de la Résurrection. Enfin, il existait aussi une forme de ségrégation : les enfants fréquentant le monde rassurant de l’enseignement catholique de Saint-Martin ne pouvaient se mélanger avec ceux venant de Dieu ne sait où, ou pire, de l’enseignement communal ( » Le Gai Savoir », au coin de la chaussée de Ninove). Ceux-ci s’inscrivaient alors à la 110eme.

Si le bon sens devait finir par l’emporter, les obstacles étaient néanmoins nombreux, à commencer par le conseil paroissial de la Résurrection. La prise de conscience de l’appartenance à une même communauté a lieu peu à peu, ainsi qu’en attestent les bulletins d’informations de la Paroisse (« Le Trait d’Union ») à partir de 1970. Le regroupement des sections de la 99eme au sein de la 110eme est acté le 27 octobre 1971, au plus grand bonheur de tous.

A cette même occasion, le conseil d’unité fraîchement constitué élit Rik et Gigi Van Zandijcke à sa tête. L’unité consiste en trois meutes : la meute Khaniwhara, la meute de Mowgli et la meute P.Lederer (du nom d’un ancien chef de meute de la 99, elle sera rebaptisée Waingunga un an plus tard) ; une troupe 12-17, un club 15-17 et un groupe de JER (Jeunes En Route, aujourd’hui La Route).

Il nous faut dire un mot de ce club 15-17 : fondé par quelques paroissiens à l’intention des jeunes du quartier ne se reconnaissant pas dans le scoutisme, ils sont néanmoins en demande d’activités. Le club est intégré à la 110eme pour pouvoir bénéficier des assurances de la F.S.C (Fédération des Scouts Catholiques, aujourd’hui Fédération Les Scouts), il s’agit plus d’occuper les jeunes que de les éduquer.

Trois faits marquants doivent encore être signalés. Tout d’abord celui de la mixité des staffs de meute : en 1972, le premier staff mixte est crée, à titre provisoire, en effet, le but avoué est d’arriver à la constitution d’une meute avec un staff entièrement féminin et deux autres meutes avec un staff masculin. C’est le cas à partir de 1973 et il faudra encore attendre plusieurs années avant que la mixité ne soit de mise.

Ensuite en 1972 toujours, la section 12-17 est scindée en une troupe éclaireur (de 12 à 15 ans) et un poste pionnier (de 15 à 17 ans). Cette séparation est la mise en œuvre d’une politique initiée par la F.S.C quelques années auparavant, sur base du constat qu’il n’existe que peu d’intérêts communs entre un garçon de 17 ans, presqu’adulte, et un enfant de 12 ans.

L’épanouissement personnel de l’enfant au sein de la section est donc le sens de cette évolution. Un staff pionnier est formé, avec quatre pis au début de l’année, ils seront quatre fois plus nombreux quelques mois plus tard. Le camp de 1973 a lieu en Belgique. Le premier camp à l’étranger aura lieu en Bretagne l’année suivante.

 

LE LOCAL

Il nous faut enfin dire un mot des locaux : avant 1971, les scouts n’ont pas de locaux et les louveteaux occupent le garage d’un parent. Cette année là les deux sections se partagent le numéro 77 de la rue Paloke (partie droite de la Cure). La partie de gauche était occupée par la 99eme.

Devant l’accroissement des effectifs et des besoins en locaux subséquents, l’unité déménage de l’autre côté de la rue dans une grange attenante au château de madame Beausillon. Cette grange avait servi d’église pendant quelques années. Les parents, voire grands parents, ont encore surement en mémoire cette muraille blanche qui occupait le long de la rue à hauteur du terrain occupé actuellement par le home. Cette immense grange fut aménagée à l’époque : les lieux communs furent agencés par les staffs d’unité avec l’aide de nombreux parents. Les locaux de sections ont été réarrangés par les chefs avec leurs animés. Une grande journée Portes Ouvertes est organisée le 9 mai 1972.

Madame Beausillon décédera l’année suivante. Un promoteur achète toute la propriété et fait détruire la grange, le terrain restera à l’abandon jusqu’à la construction du home. La 110eme doit se trouver de nouveaux locaux. Une meute trouvera place dans le petit pavillon qui se trouvait au-delà de l’ancien parking pour vélo, à l’entrée de Saint-Martin.

Le doyen d’Anderlecht insistera auprès du directeur de l’époque, l’abbé Hofman, pour que l’école mette à disposition d’autres lieux de réunions, ce sera le cas deux ans plus tard : une piscine avait été construite à Saint-Martin, elle fut fermée peu après sa mise en route pour cause d’hygiène. Le local qui abritait cette piscine servira alors de local pour les deux autres meutes. Les scouts ont construit alors un local sur un terrain dans le haut de la rue Paloke, avec un baraquement de chantier, celui-ci ne restera d’usage que quelques années, ce terrain est en effet devenu le lieu de rendez-vous des amateurs de motocross. Le problème des locaux deviendra une priorité pour la paroisse, c‘est dans cette optique qu’elle fera l’achat de la maison du 66, rue de Moortebeek, en 1981.

 

LA 110EME ACTUELLE

Fin des années 1990, comme dans la majeure partie des unités de Belgique, la 110ème s’éloigne peu à peu du catholicisme. L’unité accueille en effet de plus en plus de jeunes athés ou issus d’autres religion. Les messes d’unité ayant lieu une fois par mois sont peu à peu réduites à quelques unes par an, jusqu’à disparaitre totalement. C’est en réalité tout le mouvement scout qui s’en verra modifié. La Fédération des Scouts Catholique change de nom pour Fédération Catholique des Scouts en 1999. Elle changera à nouveau de nom en 2008 afin de mieux refléter son engagement spirituel ouvert à tous, la fédération porte alors le nom de Fédération des Scouts Baden-Powell de Belgique.

Les animés les plus âgés, ainsi que les animateurs ou certains parents ont certainement en mémoire une modification majeure de l’unité, survenue début des années 2000. Depuis sa création, la 110ème est exclusivement destinée aux garçons (la section des baladins en fera l’exception). Les filles souhaitant vivre le scoutisme doivent se rendre à la GCB, fédération des Guides Catholiques de Belgique toujours connue sous ce nom actuellement, plus particulièrement à la 64ème.

Les unités 110ème et la 64ème ont pratiquement toujours existé côte à côte, dépendant toutes deux de la paroisse de la résurrection. Chacune de leur côté au début, leur rapprochement s’effectuera naturellement. Depuis quelques années, pratiquement toutes les activités des deux unités se font communément. Aussi bien qu’une fusion deviendra inévitable. En effet, il semble inutile de conserver deux staffs d’unités, conseils d’unités, comptes, etc alors que tout se fait ensemble.

En 2003, la 110ème et la 64ème fusionnent officiellement au sein de la 110ème. Sept sections en résultent : Les baladins (seule section mixte), les louveteaux, les louvettes (anciennement lutins), les éclaireurs, les éclaireuses (anciennement guides, bien que cette appellation ne soit pas fort utilisée), les pionniers (garçons) et les pionniers (filles, anciennement horizons, pour lesquelles le nom horizons est également resté). C’est l’unité que nous connaissons actuellement.

 

LA 110EME (QUASI) PROPRIETAIRE

La paroisse de la résurrection est toujours propriétaire de la maison situé 66 rue de Moortebeek, nous servant de local. En 2006, suite à des restrictions qui lui sont propres, elle ne peut plus prendre en charge les frais de gestion de la maison. Une solution rapide doit être trouvée afin de pouvoir conserver des locaux pour l’unité.

La solution retenue sera la signature d’un bail emphytéotique. L’unité, faisant partie d’une fédération, ne peut être le preneur de ce bail. Les statuts de l’ASBL, « les amis de la 110ème », seront déposés le 13 décembre 2007.

Art 2, al 1 : Buts
L’association a pour buts :

la gestion des locaux dans lesquels la 110ème FCS est établie
de promouvoir, soutenir, développer, organiser et coordonner toute action à cette fin.

– Extrait des statuts de l’ASBL Les Amis de la 110ème

Le bail emphytéotique a ainsi pu être signé entre le propriétaire, la paroisse, et le preneur, l’ASBL Les Amis de la 110ème. La 110ème est à présent (quasi) propriétaire du 66 rue de Moortebeek.